Intervention au conseil communal du 21 septembre 2015

Aménagement de Soumagne-Bas - interpellation

Publié le lundi 21 septembre 2015

Comme sœur Anne, on ne voyait rien venir, mais on en parlait depuis si longtemps que les membres les plus jeunes de notre Conseil auraient du mal à s’en souvenir. En 1991 déjà, dans le cadre d’un projet lancé sous l’égide de la Fondation Roi Baudouin et intitulé « La rue en Vie », un séminaire consacré à cette problématique à Soumagne était ponctué par une publication intéressante.

Malgré qu’elle soit restée sans suite, cette étude n’a pas été oubliée puisque la plupart des partis ont mis ce projet à leur programme en 2012 :

  • PS : « Aménagement du centre de Soumagne-Bas ».
  • cdH : « Rénover la place Ferrer ». (Entre nous, Soumagne-Bas, ce n’est pas seulement la place Ferrer).
  • MR : Nous n’avons rien vu.
  • ECOLO plus : « Élaborer un plan d’aménagement global de Soumagne-Bas en concertation avec les habitants et sur base d’un concours d’architectes ». (Reconnaissons-le, c’était nettement plus précis).

« Nous nous y attellerons après le déplacement de l’arrêt de bus  », nous avait promis la majorité. Nous y sommes et que voit-on ?

  • Un aménagement soudain aux abords des écoles et un nouveau marquage des zones de stationnement largement contesté.
  • Certes, en matière d’aménagements publics, il est difficile de contenter tout le monde, mais ici le Collège a frôlé l’exploit. Vous êtes parvenus à faire une quasi-unanimité. Hélas, contre vous.
  • Seuls, l’un ou l’autre riverain dont on a interdit le stationnement devant son domicile a marqué une certaine satisfaction.
  • « Une réponse au parking sauvage » a déclaré M. Delchef à la presse. À vrai dire, à Soumagne-Bas, on est plutôt enclins à y voir « Une réponse sauvage au parking ».
  • « Un aménagement provisoire », toujours selon M. Delchef. Jusqu’à quand ? (On a le droit de s’inquiéter quand on voit le nombre d’années nécessaires à la réalisation de certains projets).
  • Ne parlons pas de l’esthétique, notamment devant un bâtiment classé !

Mais parlons d’abord de la forme, c’est-à-dire de la procédure :

- « On n’a rien eu à dire, c’est la Région wallonne qui est en charge des travaux  », avons-nous aussi lu dans la presse. Faux  !

  • Le P-V de la réunion du 13/07/2015 nous apprend que « Le Collège APPROUVE à l’unanimité le projet d’aménagement de la place Ferrer et de sécurisation des écoles de Soumagne-Bas proposé par le SPW - Direction des Routes de Liège.

- Par ailleurs, où en est la concertation avec la population ? Et pourtant :

  • Notre Conseil a prévu des commissions, dont celle s’occupant entre autres de l’équipement, du patrimoine, de l’aménagement du territoire, du développement économique, de la mobilité… Pas de réunion, pas d’informations.
  • Nous avons une « CCATM  » (Commission Consultative de l’Aménagement du Territoire et de la Mobilité) qui se réunit régulièrement. Totalement zappée.
  • Nous avons une « Charte de la gestion participative », dont le précédent Collège était si fier. Sans prévenir, vous avez en cours de route supprimé les réunions de la population dans les quartiers.
  • Nous avons un Échevin chargé du « Développement économique et de la promotion du commerce local », mais on n’a pas pris la peine de consulter les commerçants alors que les mesures ont des conséquences sur leurs revenus professionnels !

Tous les canaux d’information et de concertation ont été ignorés ! À croire que l’on craint les avis contradictoires.

Si l’on vient au fond, l’aménagement du centre historique d’un village doit être étudié dans sa globalité. Il est aussi un lieu de vie sociale et comprend de nombreux aspects : urbanistique, architectural, historique, environnemental, convivialité, sécuritaire, commercial, mobilité…

Dans ce cas, sans concertation, on s’est limité à une vue partielle limitée à l’aspect sécurité pour les écoles et aux zones de stationnement. « Exactement ce qu’il ne faut pas faire  » selon les auteurs de la brochure de la Fondation Roi Baudouin.

Du point de vue des lieux de stationnement, il faudrait déjà prendre en compte cinq points de vue, à savoir les parkings :

  • De courte durée, par ex. pour accéder aux commerces.
  • De longue durée, par ex. pour les travailleurs à Soumagne-Bas.
  • Des riverains.
  • De livraison pour les commerces et les particuliers.
  • De masse, par ex. lors de cérémonies exceptionnelles à l’église ou d’événements au Centre culturel et au prochain local des scouts.

Si l’on veut garantir l’accessibilité aux commerces, des places de parking devront être limitées dans le temps, mais ceci n’est possible que si la problématique des parkings de longue durée est résolue.

De toute façon nous n’allons pas dégager la solution ici au Conseil. En réponse aux commerçants, vous vous êtes engagés depuis à des premières modifications, mais si l’on veut la situation ne devienne définitivement provisoire ou hypothèque l’aménagement définitif, il y a lieu de s’interroger dès à présent.

  • Qu’en est-il pour l’avenir ? Selon quelle méthode allez-vous travailler ?
  • Va-t-on prendre en compte le problème dans sa globalité en y intégrant tous les paramètres des fonctionnalités dévolues à un petit centre urbain ?
  • Quelles études et selon quelles modalités allez-vous aborder le sujet ? Avec quel budget ?
  • Quelles informations et consultations avez-vous prévues et à quel stade du projet ?
  • Le point de départ de cette nouvelle approche ne pourrait-il pas être la convocation de la commission de notre Conseil compétente en la matière ?

Telles sont les questions qui demandent, nous semble-t-il, une réponse urgente.

Pour le groupe ECOLO plus

Pascal Etienne